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Mettre en production, ce n’est pas livrer une démo

Une démo tourne sur la machine de celui qui la montre. La production tourne le dimanche à trois heures du matin, sans lui.

Une démo tourne sur la machine de celui qui la montre, au moment où il la montre, sur les données qu’il a choisies. La production tourne le dimanche à trois heures du matin, sur les données que quelqu’un d’autre a saisies, sans personne devant l’écran. Ce sont deux métiers différents, et l’écart entre les deux est presque toujours sous-estimé.

Ce que la démo ne montre pas

Sur Noqen, la plateforme visible tient en quelques écrans. Derrière, il a fallu 148 routes d’API, 31 modèles de données, 23 webhooks de paiement, 26 modèles d’e-mail transactionnel et 3 274 clés de traduction éditables par l’équipe sans redéploiement. Aucun de ces chiffres n’apparaît dans une démonstration. Tous apparaissent dans la facture de celui qui reprend le produit sans eux.

Les 22 parcours utilisateur couverts par des tests de bout en bout sont le meilleur exemple. Personne ne les regarde jamais. Ils servent uniquement le jour où une modification anodine casse le paiement, et où l’on veut le savoir avant le client.

Le cas de l’authentification

Chez Hero, la néobanque servait 13 000 TPE et PME. J’y ai construit l’authentification forte : deuxième facteur sur mesure, parcours SCA conforme à la DSP2 sur mobile, chiffrement à clés publique et privée.

En démonstration, cette brique n’impressionne personne. Elle affiche un code, on le saisit, ça passe. Elle se remarque exactement dans deux situations : le jour où elle laisse passer un paiement qu’elle aurait dû refuser, et le jour où elle refuse un paiement légitime. Les deux coûtent cher, et aucun des deux ne se teste en réunion.

Les questions que je pose avant de commencer

Il y en a trois, et elles ne sont pas techniques.

Qui appelle-t-on quand ça tombe ? S’il n’y a pas de réponse, il n’y a pas de production, il y a une mise en ligne. La différence se paie au premier incident.

Où sont les traces ? Un système que l’on ne peut pas observer est un système que l’on ne peut pas réparer. On peut le redémarrer, c’est tout.

Qui a le droit de déployer ? Si la réponse est une seule personne et que cette personne part en vacances, le produit part avec elle.

Ce que ça change au devis

Un produit annoncé comme livrable en six semaines l’est peut-être, si l’on compte le temps d’écrire ce qui se voit. Il faut ajouter ce qui ne se voit pas, et ce n’est pas une marge de sécurité, c’est la moitié du travail.

Je préfère le dire au début plutôt qu’à la revue de fin. C’est moins agréable pendant vingt minutes et beaucoup plus agréable pendant six mois.

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Dites-moi ce qu’il faut mettre en ligne.

Un produit à sortir, une plateforme à reprendre, un modèle à industrialiser. Réponse sous 48 heures, par la personne qui fera le travail.

© 2026 Gildas Avocegamou

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